Impromptus [4]- Imposture, démenti, clinique du tableau

Dernière mise à jour : 8 déc. 2020



L’imposture

Si vous vous plongez dans l’univers de Jean Genet et notamment dans son livre Journal du voleur, vous ne manquerez pas de tomber très vite sur le passage suivant : dans une rue de la ville où il écrit, sous un réverbère, il aperçoit une petite vieille qui devait sortir de prison.

C’est une voleuse me dis-je. En m’éloignant d’elle, une sorte de rêverie aiguë, vivant à l’intérieur de moi et non au bord de mon esprit, m’entraîna à penser que c’était peut-être ma mère que je venais de rencontrer. Ah ! Si c’était elle, j’irais la couvrir de fleurs, de roses, de glaïeuls et de baisers.


Mais pourquoi pleurer ? Je me contenterai de baver sur elle, pensai-je, débordant d’amour. (Le mot glaïeul prononcé plus haut appela- t-il le mot glaviaux ? De baver sur ses cheveux ou de vomir dans ses mains. Mais je l’adorerais cette voleuse qui est ma mère.

Cette soudaine vision n’est pas d’ordre hallucinatoire reposant sur une certitude délirante. C’est plutôt une fantaisie qui donne lieu à un fantasme où une sécrétion corporelle (triviale, sordide) est élevée à la dignité de l’amour. À travers cette vieille, il peut aimer cette voleuse de mère qui lui a volé son origine, par une énorme bavure, une aveuglante bévue de mon histoire. Il est né hors norme, hors reconnaissance symbolique d’une filiation. La notation de son acte de naissance a la sécheresse d’une inscription purement administrative :

Ma mère s’appelait Gabrielle Genet. Mon père reste inconnu. J’étais venu au monde au 22 de la rue d’Assas.

Pour lui, l’ordre symbolique est pourri et la loi du signifiant n’est que faux-semblant, elle s’avère corrompue et corruptrice. Il faut donc en rajouter sur la décomposition et la pourriture pour extraire cette vérité :

Sans me croire né magnifiquement, l’indécision de mon origine me permettait de l’interpréter. J’y ajoutais la singularité de mes misères. Abandonné par ma famille, il me semblait déjà naturel d’aggraver cela par l’amour des garçons et cet amour par le vol, et le vol par le crime ou la complaisance au crime. Ainsi, refusais-je un monde qui m’avait refusé avec cette précipitation joyeuse vers les situations les plus humiliées.

Le rythme de la phrase, par son accumulation, sa surenchère, et ses gradations, indique que Genet organise son économie libidinale autour d’un plus-de-jouir de l’escroquerie. Escroqué, arnaqué par son histoire, subissant l’usurpation du nom d’un père, il se fera usurpateur de l’ordre symbolique, se déclarant homosexuel comme si c’état, à l’époque, un défi à toute propagation de l’espèce (posture également sadienne) et à la reproduction de tous ces impostures où l’on nique que pour se faire niquer. Considéré comme pupille de l’Assistance Publique, il fut placé, dans le Morvan chez une mère nourricière et un père menuisier. On surnommait ces enfants des culs de Paris par allusion à leurs mères génitrices dont on pouvait supputer qu’elles étaient, de notoriété publique, des prostituées de la capitale. Et pourtant, ses camarades de classe considèrent qu’il a été très bien traité par cette famille et qu’il a eu la chance d’avoir été placé chez un artisan et non chez un paysan. Au lieu d’être assigné aux travaux des champs, il pouvait donc étudier et vivait à deux pas de l’école où il pouvait se rendre régulièrement pour communiquer avec son instituteur. Malgré ce contexte bienveillant, il ne reconnaîtra pas le moindre amour de ces gens-là et recommandera plutôt la pratique de la trahison, dans les relations humaines, comme antidote à la tromperie des sentiments.

La Gestapo française contenait ces deux éléments fascinants : la trahison et le vol. Qu’on y ajoutât l’homosexualité, elle serait étincelante, inattaquable. Elle était hors du monde. Elle trahissait l’amour (trahir signifiant rompre les droits de l’amour). Elle se livrait au pillage. Elle, s’exclut du monde, par la pédérastie.

Jean Genet a pu s’étonner d’un vers qu’il avait formé lors de ses tout premiers exercices poétiques :

« le moissonneur des souffles coupés »

Cette image n’est pas sans faire écho, par contraste, au vers que Jacques Lacan extrait du poème de Victor Hugo : Booz endormi

« sa gerbe n’était point avare ni haineuse »


pour parler de la métaphore paternelle comme créatrice du sens. Sauf que Genet coupe court à la largesse d’un phallus généreux dans le geste de sa donation (récolte riche et belle) par un arrêt de ce souffle de vie coupé, une respiration qui expire et qui s’évanouit, s’annule. Il est né d’une gerbe de néant, d’une éclaboussure de rien. Alors, il cultivera la sainteté de l’abjection, par transsubstantiation de l’ordure, transfiguration des déchets, des déjections (crachats, vomissures, odeurs nauséabondes…) en écriture lyrique. Au trou du symbolique répond l’écho pulsionnel des orifices corporels , leurs trous de matière, leurs émanations :

La sainteté, c’est de faire servir la douleur. C’est forcer le diable à être Dieu. C’est obtenir la reconnaissance du mal. Par l’écriture j’ai obtenu ce que je cherchais. Réussir ma légende.

Trous

Jean Genet s’inscrit aussi dans la tradition sadienne de la profanation de tout ordre divin ou religieux. Dans un de ses livres, Notre-Dame- des- Fleurs, un personnage rentre dans une église, profane l’autel, ouvre le tabernacle et se saisit de trois hosties qu’il laisse choir sur le sol, puis fait tomber le ciboire, à son tour. Défi à la déchéance de Dieu ? Cette chute ne donne qu’un son désespérément creux :


Et le miracle eut lieu. Il n’y eut pas de miracle. Dieu s’était dégonflé. Seulement un trou avec n’importe quoi autour. Une forme jolie, comme la tête en plâtre de Marie-Antoinette, comme les petits soldats, qui étaient des trous avec un peu de plomb mince autour.

Donc, Dieu était creux. On retrouve ce tropisme vers l’annihilation dans un de ses souvenirs d’enfance :

La réminiscence qui m’endolorit avec le plus d’efficacité, c’est celle des cabinets de la maison d’ardoise, la vie que je percevais lointaine et brouillée à travers leur ombre et leur odeur. Elle me semblait flotter un peu à la façon des rêves peints, tandis que moi, dans mon trou, pareil à une larve, je reprenais une existence nocturne reposée, et parfois, j’avais l’impression de m’enfoncer lentement, comme en un sommeil ou en un lac ou un sein maternel ou un inceste aussi, au centre spirituel de la terre.

En écho à cette position, où, enfant, Jean Genet trône sur son être-étron, dans cet endroit secret, on pourrait dire que, dans la cité, le cabinet des analystes serait cet espace où l’on vient déposer et tenter d’exonérer nos incommodités, nos emmerdements, nos ratages. Ce qui a pu trouer nos existences, pourrait se transformer en lieu de plus d’aisance par un transfert de matières pulsionnelles, un remaniement de nos identifications et de notre rapport à l’Autre. La posture « perverse » justifie, légitime ses impostures par l’illégitimité de la loi symbolique, la tromperie des sentiments, l’escroquerie et le recel du Grand Autre (qu’il soit maternel, paternel, idéologique, sexué). Telle est l’histoire d’Enric Marco, racontée dans le roman de Javier Cercas, L’imposteur, qui a pu forger le mythe d’un grand résistant au franquisme et prendre, en Espagne, la présidence de l’Amicale de Mauthausen (il avait falsifié son identité sur liste des déportés du camp) alors qu’il n’avait participé, en Allemagne, qu’à un service obligé du travail. Il retourne au romancier que son goût de la fiction est du même acabit que sa propre tendance à l’usurpation et que, surtout, le régime démocratique espagnol est pire que l’imposture qu’on lui prête puisqu’il s’est construit dans une fausseté généralisée : qui n’a pas retourné sa chemise ? Qui était vraiment résistant, franquiste ?).

La manœuvre « perverse » renverse l’imposture en renvoyant l’usurpation au partenaire, à l’analyste, au juge, au soignant.

En guise de conclusion

Au terme de cette étude (si tant est qu’il y en est un) les variantes et les avatars des manifestations perverses rendent improbable de dégager un invariant qui caractériserait cette structure. La notion de clivage qui souvent fait office de repère est d’un usage difficile à manier. On peut déjà remarquer qu’elle est utilisée souvent, à l’instar de son usage géologique, diamantaire, idéologique, médical ou biologique, comme simple scission (la structure cristalline des minéraux permet de les fendre, on fracture les diamants pour les dégrossir, les politiques divisent l’opinion, on sépare aussi deux organes accolés au même titre que les virus et les chromosomes peuvent être clivés). Le mot allemand verleugnung dérive de la racine lügen (mentir) et propose donc un double mouvement de « ruse » de la raison. Un jugement d’attribution peut être, à la fois, affirmé, reconnu et pourtant, en même temps, exclu. Cette simultanéité le distingue d’une dichotomie binaire relevant de la logique d’un « ou bien, ou bien » et le démarque de la négation « forclusive » qui entraîne une abolition, un retranchement total de signifiants de la réalité et caractérise pour Lacan, la structure psychotique. Il a non seulement emprunter cette notion au registre juridique (un acte est prescrit en raison de l’expiration du délai fixé (il s’agit, ici, aussi, de temporalité) mais a repris l’étude grammaticale de Damourette et Pichon qui faisait valoir la différence de cette exclusion forclusive (il est inconcevable qu’il vienne) avec son homologue « discordantiel » (il est possible qu’il ne vienne pas). Cette concomitance le démarque d’un possible amalgame freudo-lacanien : cette « spaltung » ne recouvre et ne recoupe pas la division du sujet qui, chez Lacan, formalise une refente (ce qui fissure sa pleine unité) par rapport aux signifiants qui le représentent et à l’objet a, reste ou envers de son plus-de-jouir. La difficulté que les traducteurs ont rencontré pour faire passer ce concept dans la langue française (déni, désaveu, démenti?) témoigne de de la complexité d’un tel mécanisme, d’autant qu’il reste à déterminer sur quoi porte une telle opération, de la même façon que la forclusion peut affecter le signifiant du Nom-du-Père prescrit dans le temps de sa convocation, mais aussi affecter d’autres registres (déni radical de grossesse, déni d’un deuil, de maternité, ou de paternité…).

Freud, tout au début, dans son abord sur le fétichisme, a localisé et cantonné son mode opératoire autour du recouvrement de la castration féminine. (cette fente qui susciterait horreur, terreur et dont le sujet triomphe par la fomentation d’un fétiche et la fixation à ce succédané). Cette fixation à une marque sur le corps peut intervenir dans le recours à des scarifications qui localisent l’angoisse dans une douleur circonscrite, inscrivant les traits d’une honte ou d’une culpabilité, comme dans les cas de viol.

Puis, dans un deuxième temps, par généralisation, le clivage a porté sur la scission du moi dans sa façon de réagir aux faits, aux événements, à la réalité (deuil, pertes, traumas…). Il y a donc déjà, là, un déplacement qui donne deux variantes conceptuelles du clivage et peut-être deux variations autour de cette approche de la castration: la castration porterait plutôt sur la castration du sujet, une incomplétude dans la mise en jeu sexuelle et une perte, une blessure infligée par le « réel » d’un événement.

Alors, comment trancher quant à la traduction française de « verleugnung »? Si l’on se réfère au dictionnaire Littré, on peut trouver ces différentes options:

DENI : terme de la jurisprudence: déni de justice, refus d’une chose due par manquement ou négligence

DESAVEU: inverse d’aveu (cf. l’avoué, fonctionnaire de justice).

désaveu d’un mandataire , désaveu de paternité, de la reconnaissance d’un enfant.

DEMENTI : Paroles par lesquelles on dément ce que l’autre a avancé: donner, recevoir un démenti.

Choses, faits qui contredisent une assertion.

Ce qui ne s’accomplit, ce qui n’a pas d’effets.

En avoir le démenti cuisant: éprouver le désagrément d’un ratage.

Ne pas croire ou porter foi. Démentir sa promesse, la vérité, l’advenue d’une chose.

Faire des choses indignes (tu m’as fait démentir l’honneur de ma naissance - citation de Corneille dans Cinna)

Construction: ne pas garder sa solidité, son arrangement (ce bâtiment commence à se démentir, cette cloison se dément).

Les deux premiers termes ne me semblent pas indexer suffisamment le double mouvement d’une affirmation et, ensuite, de sa négation (il y a simplement négation, refus d’une reconnaissance) alors que l’amplitude du champ sémantique de « démentir » indique cette association entre validation et invalidation, entre assertion et retranchement. Ce qu’Octave Mannoni avait fait passer en utilisant la célèbre formule: je sais bien, mais quand même. De plus, le démenti désigne le risque d’effondrement, toujours là, d’un arrangement bancal avec les choses et la blessure cuisante de l’écroulement. Je vous proposerai donc le champ du « démenti » comme possible arpentage de la « verleugnung ».

Dans les cas de figure d’emprise sur l’autre (contrôle de ses messages, de ses sorties, de ses relations, de son activité professionnelle), demeure l’intersubjectivité. Il n’y a pas négation totalement anéantissante (il lui appartient encore) sauf, si la partenaire manifeste un désir de séparation qui peut entraîner un effondrement du soutènement et, pat là même un passage à l’acte meurtrier. Mais la posture perverse a besoin de s’appuyer sur ce couplage pour ravaler l’image qui le soutenait, démentir, en la discréditant, la valeur qu’il lui avait auparavant octroyé, et la réduire à sa dégradation par des insultes ou injures (reste d’un langage symbolique dégradé) ou des marques de violence corporelles. Cette imposture porte sur le démenti d’un rapport à la castration, à la confrontation d’une altérité, de ce qui échappe, est inconnu, comme limite d’une toute puissance. Cette réduction aux pulsions partielles ne peut être interprétée (comme nous le proposait Freud) comme perverse sous prétexte qu’elles ne convergent pas vers une unification génitale. C’est leur régime avilissant (le plus-de-jouir d’une abjection) qui pourrait signer ses traits de perversion. A ce plus-de-jouir peut s’ajouter la plus-value de l’escroquerie: à la différence du névrosé qui invente un roman familial par lequel il doute de sa parenté et la remplace par le fantasme d’une famille illustre, à la différence aussi du « psychosé » qui forclot son origine et construit un délire de filiation, la posture perverse s’appuie sur la tromperie, le vol de ses origines, pour légitimer la transgression et la falsification de la loi. Le mensonge des affabulateurs (usurpation ou duplicité de l’identité) peut aussi venir démentir la fissure narcissique, recouvrir le risque d’un écroulement catastrophique.

L’enfant dit « pervers » (traits de cruauté l’égard des animaux, de ses camarades, dégradation du milieu…) ou l’adolescent qualifié de « psychopathe » (défi au respect des règles) ont souvent une histoire qui met en jeu cette violence de l’ordre symbolique (maltraitante parentale, brouillage sur le Nom-du-Père…).Dans ses Trois essais sur la sexualité, Freud indique, à titre de potentialité, de virtualité la prédisposition perverse polymorphe de l'enfant (dans la langue allemande le terme de "polymorphe" est un adverbe).


Il est instructif de constater que, sous l'influence de la séduction l'enfant peut devenir pervers polymorphe et être entraîné à tous les débordements imaginables.


Il ne retient que la séduction comme facteur déclenchant mais ce "devenir-pervers' peut également répondre à une falsification, une défaillance, une usurpation de l'ordre stmbolique.


Il paraît difficile de faire valoir le nouveau concept de « perversion ordinaire » (peut-être, en écho, à la promotion d’une psychose ordinaire) comme qualifiant les modes de jouissance tout azimut et débridée de notre modernité. Par ce terme de jouissance trop généraliste, ce serait écraser la dimension singulière du plus-de-jouir pervers dont le régime s’alimente à un se faire Mal (dégradation, dépravation même sous le prétexte de l'amour ou d'un chantage affectif à bénéfices économiques) autant dans la voie active et passive de son montage pulsionnel.

Cette étude sur les vicissitudes de la perversion permet de réfléchir, par ricochets, sur les avatars des autres structures proposées par Freud autour du triptyque: névrose/psychose/perversion dont les distinctions sont écrasées par les échelles des différentes versions du D.S.M. Ces structures relèvent plus d'une clinique du tableau (inclusion de l'analyste dans la répétition et le transfert) que d'un tableau clinique protocolisé ou envisagé, dans un regard extérieur, comme une taxinomie.

Dans l'approche d'un cas, dans l'histoire du sujet, de la même façon que Velasquez est dans le tableau, des Ménines, l'analyse se tient là où il était déjà, à tel moment et à tel point dans l'histoire du sujet. Cela aura un avantage: il saura ce qu'il en est du transfert le pivot, le centre du transfert, ça ne passe pas, du tout, par sa personne. Il y a quelque chose qui a été déjà là. (L'acte analytique, séance du 27 mars 1968).


Tableau en forme de triptyque



Un sujet est psychanalyste, non pas savant rempardé derrière des catégories au milieu desquelles il essaie de se débrouiller pour faire des tiroirs dans lesquels il aura à ranger les symptômes qu'il enregistre de son patient, psychotique, névrotique ou autre, mais pour autant qu'il rentre dans le jeu signifiant. ( Problèmes cruciaux pour la psychanalyse, séance du 5mai 1965).


Névrose

La névrose est pour ainsi dire, le négatif de la perversion : refoulement du sexuel (aversion, angoisse) conversion, mentalisation parasitaire du fantasme, sur-moi accablant (ruminations, lutte) Inhibition. Isolation, conjuration de l’angoise, mortification obsessionnelle, ajournement du désir, procrastination de l’acte. Ambivalence, conflit psychique qui le divise. Castration de son désir offerte à l’Autre. Objet phobique, fixation de l’angoisse. Corps de l'enfant soumis à l'angoisse de mort maternelle ou paternelle (peur de la maladie, d'un mal insidieux) Mascarade hystérique du semblant, dépendance au désir de l’autre. Plus-de- jouir de la plainte, du tourment dont il vient causer entre plus de jouir de cette assignation et savoir. Doute sur l’amour de l’autre, insatisfaction du désir ou défi. Roman familial du névrosé : fausseté de la parenté remplacée par une famille illustre.

Relations d’objet :

$ barré <> i (a) : l’autre comme moi idéal qui complète un manque ou idéal du moi qu’on soutient. Se faire réparer, repêcher, restaurer. Altruisme ou sacrifice. $ barré <> a : alienation/séparation à la voix, au regard, à l’objet merdique, à la dévoration Le sujet comme coupure, intervalle, dégagement


Perversion

Mise en acte du fantasme. Instrumentalisation de l’autre dont on susctite, cause l’angoisse : verbale (injures, insultes, humiliations...) violences physiques, souillure, dépravations, abjections, avilissement sexuel. Pousse l’autre vers le déchet à limite extrême de son anonyme désubjectivation. Réduction du sujet. Plus-de jouir de la division du sujet : double contrainte, brouillage d’injonctions paradoxales entre fausse idolatrie de l’amour et ravalement d’ordure. Emprise. Recouvrement par le vernis brillant, la parade fétichiste de l’incomplétude, de la disparité, de l’altérté en jeu, dans le rapport sexuel. Désaveu de la légitimité de la loi symbolique d’une filiation : démenti d’une possible dette ou transmission de l’Autre. Plus-de jouir de la falsification, la tromperie, l’escroquerie. Il vous prend à témoin de cette duperie. $ barré <> i (a) : dégradation de l’autre pour couvrir une faille narcissique. Manipulation $ barré <> a, stigmatisation de l’objet a (regard, voix, merde, cannibalisme) conçu comme plus-de jouir du déchet, du reste. Corps de l'enfant exposé au " lui faire mal" maternel.

Psychose

Intru(s) mentalisation de la voix, du regard comme percécutoires . Certitude délirante accablante. Le psychotique vous fait témoin de ce martyr. Position de secrétaire pour l'entendre. Pôle paranoiaque : Injures, insultes viennent de l’Autre : On me veut du Mal. Passage à l’acte meutrier ou déchéance de lui-même. Pôle schizo : Attaque de la langue parasitée par des hybridations, des néologismes.Dépersonnalisation, déréalisation, détachement ou morcellement corporel. Claquage de la dimension imaginaire, corporelle dans le nouage destrois dimensions .R.S.I. (cf. la correction de Joyce). Corps de l'enfant non envisagé, porté dans une image et réduit à un défaut de spécularisation. Délire de filiation. Forclusion du Nom-du-Père dans la non-reconnaissance, l'exclusion d'une origine sexuée. Défaillage d'un portage et d'une imaginarisation maternelle. Délire cosmique, métaphysique comme ligne de fuite de rapports humains trop douloureux.

Relations d’objet.

i(a) <> $ : susceptibilité, côté sensitif, vexatoire, interprétatif, soupçon, suspicion qui flambent sur ce gril imaginaire par rapport au renvoi de l’image de l’autre. Jalousie a<> $ : interversion, préséance de l’objet : le sujet est manipulé, emmerdé, bouffé. Syndrome d’influence, du commentaire de la pensée Le sujet est causé.

. Ici, ce tableau ne vaut que comme un bâti qui pourrait nous rendre un peu plus avertis de ce qui est mis en jeu comme gril imaginaire (défi, persécution...) comme régime des objets pulsionnels dans l'adresse transférentielle et que l'on ne saurait envenimer par une parole rectificative ou des interventions trop moïques.

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